Prévisions par ville: Guide & fonctionnement

Depuis hier soir, une version test des prévisions par ville est disponible (http://meteo-npdc.fr/test-public/prville). Voici, après plusieurs semaines de boulot, quelques conseils et explications à propos de son fonctionnement

 

Le fonctionnement

Vous utilisez déjà certainement quelques sites, tels que « meteociel » pour ne pas les citer, qui fournissent des prévisions par ville toutes les 3h/heure. C’est quelque chose que tout le monde utilise, bien que parfois la fiabilité ne soit pas au rendez-vous… c’est pour cela que je me suis mis en tête de créer ma propre version.

Le fonctionnement est donc -assez simple- dans les grandes lignes: on télécharge les données de 3 modèles principaux (AROME pour le court terme, couplé avec COSMO-D2 ainsi que ARPEGE pour le moyen terme). Voici d’ailleurs un petit point vocabulaire, ces jolis noms sont tout simplement des noms de modèles météo: des simulations du temps à venir, chacun ayant ses propres calculs.

Une fois les données brutes de ces modèles téléchargées (et donc plusieurs dizaines de Go qui transitent plusieurs fois par jour), nous les traitons sur nos propres serveurs: on découpe la zone couverte par les modèles pour ne garder que le Nord-Pas-de-Calais et donc alléger les fichiers, et on ne garde que les paramètres utiles. Plusieurs algorithmes s’occupent ensuite de découper à nouveau ces fichiers en copiant les données de chaque ville dans des fichiers de données brutes. C’est tout pour l’aspect arrière plan (bien que cela représente déjà plusieurs milliers de lignes de code).

Ensuite, le prochain acteur est… vous. Quand vous arrivez sur la page d’accueil et que vous sélectionnez votre ville, vous faites appel à une base de données qui donnera la latitude/longitude propre à chaque modèle qui correspond à votre ville. Un dernier algorithme calcul ensuite toutes les données pour les rendre « agréables » à lire et vous affiche ensuite la page; le tout se faisant en moins d’une seconde. Nous disposons également d’algorithmes faits maison, que nous améliorons chaque jour, pour améliorer la fiabilité de ces prévisions: avec notre vécu lors de nos prévisions « faits mains », nous connaissons les faiblesses/forces des modèles. On attribue donc des « coefficients de confiance » à chaque modèle pour le calcul de la valeur affichée à un endroit donné. Par exemple, pour les températures, AROME aura un coefficient de 5, de même pour COSMO-D2 alors qu’ARPEGE n’aura qu’un coefficient de 2 (étant donné qu’il a une plus petite résolution, il prend donc moins en compte les spécificités locales).

 

Le p’tit guide!

Sur l’affichage des prévisions, 4 modes vous sont proposés: La synthèse des modèles, les modèles individuels, le mode avancé et les prévisions agricoles. On terminera avec un peu d’abréviations/vocabulaire 🙂

Synthèse des modèles

Ce mode permet de passer à la « moulinette » les données des trois modèles et d’afficher le résultat, il s’agit d’un mode simple. Les données sont généralement suffisantes pour le grand-public qui souhaite uniquement savoir s’il faudra sortir un parapluie le lendemain ou prévoir son week-end.

Modèles individuels

C’est le même principe que la synthèse des modèles, à la seule exception que les données ne passent pas à la moulinette: on sépare donc les données de chacun des modèles. C’est un mode utile pour l’utilisateur voulant se faire sa propre idée du temps à venir, en connaissant déjà les caractéristiques globales des modèles.

Mode avancé

Ce mode est destiné aux utilisateurs ayant des connaissances un peu plus poussées en météorologie que le grand public, et qui cherche à ajouter sa touche personnelle aux prévisions automatiques. On découpe ici les paramètres permettant d’arriver au « mode simple »: par exemple, la nébulosité est découpée en 3 niveaux dans le mode avancé, alors qu’elle ne sert qu’à afficher le temps à venir dans le mode simple. De même avec l’ISO dans le mode simple et la catégorie « Convection » dans le mode avancé.

Prévisions agricoles

Ce mode a pour but de donner des détails supplémentaires dans le domaine de l’agriculture, tels que la température du sol ou l’évaporation. Il se base sur le mode simple.

 

Un peu de vocabulaire…

Après avoir vu quelques questions à propos du vocabulaire présenté, voici un petit recap’:

AROME: Il s’agit d’un modèle à maille fine, produit par MétéoFrance distribuant ses données toutes les 6h (ce qu’on modèle un « run »: il s’agit d’un ensemble de données produites, on aura donc un run 0z, 6z, 12z et 18z, avec z correspondant à heure pour faire simple).

ARPEGE: Il s’agit d’un modèle à maille plus large, produit également par MétéoFrance, que nous mettons à jour toutes les 12h uniquement (limitations de téléchargement imposées par MétéoFrance, et nous privilégions la fiabilité à court terme).

COSMO-D2: Modèle étranger, principalement Allemand, à maille fine/très fine. Il donne des paramètres supplémentaires utiles, et est mis à jour toutes les 3h (merci à eux… heureusement qu’ils sont là.. sans aucune limitation !).

 

Du côté du vocabulaire des tableaux…

ISO: Indice de sévérité orageuse (1=bas, 10=haut). Il est calculé par nos soins en fonction des paramètres de convection, de vent et de précipitations. Mieux vaut rester à l’abris avec un indice de 10 😉

Nébulosité: Il s’agit de la couverture nuageuse, plus elle est élevée plus le ciel est couvert (BC=Basse couche, MC=Moyenne couche, HC=Haute couche).

Convection: Peut être rapproché de l’instabilité. On y prend les paramètres de CAPE (énergie potentielle pour faire simple, c’est assez compliqué à expliquer. Plus elle est élevée, plus le potentiel est grand). Au contraire, la CIN a un rôle inhibiteur: Plus elle est élevée, plus le potentiel est faible.

PdR: Il s’agit du point de rosée, calculé avec la température et l’humidité. Plus il est proche de la température réelle, plus l’humidité est grande (pour faire simple, encore une fois).

Pour finir, dans le mode avancé, la colonne précipitations est divisée en 3: Il y a dans un premier temps la pluie, logique. Vient ensuite le cercle avec « GR » à l’intérieur: il s’agit du graupel (en gros, c’est un agglomérat de neige formant des petites boules ressemblent à du grésil). Enfin, le flocon qui correspond (vous l’aurez deviné)… à la neige !

 

C’est tout pour aujourd’hui, n’hésitez pas si vous avez quelque question ! 🙂

 

A  bientôt ! 😉

Auteur de l’article : Hugo62

Président de l'association Météo Nord-Pas-de-Calais.

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