Pourquoi subissons-nous autant d’orages?

Vous l’avez certainement remarqué, depuis plusieurs semaines, la région (et la France entière) subit des orages parfois violents. Ces orages sont d’ailleurs peu mobiles, causant de nombreuses « inondations-éclairs »… et donc des dégâts importants. C’est d’ailleurs un record en France, avec 180.000 impacts de foudre au mois de mai. Cependant… une amélioration est prévisible!

Cliché partagé par Nicolas R. lors d’un orage dans le Pas-de-Calais

 

Mais… pourquoi subissons-nous autant d’orages ces dernières semaines?

Dans un premier temps, il est important de savoir comment se forme un orage…

Un orage prend naissance suite à la formation d’un cumulonimbus (le plus gros des différents types de nuages, pouvant atteindre les 10km de hauteur et chatouiller le plafond de notre atmosphère, donnant ainsi sa forme d’enclume caractéristique: ne pouvant plus monter, il s’étale sur le plafond), qui lui même résulte du bourgeonnement de cumulus. On ne rentrera pas plus dans les détails… mais voilà, notre orage est né. Cet orage s’alimente d’humidité et d’air doux, aspiré vers le haut. Cette humidité se condense en gouttes ou grêle, retombant ensuite vers le sol.

Ainsi, un orage est généralement pluvieux. Cependant, la situation que nous subissons depuis plusieurs semaines fait en sorte que ces orages sont peu mobiles, voire totalement stationnaires dans certains cas. Ces fortes précipitations sont alors concentrées en un point, provoquant de très importants cumuls que les systèmes de drainage n’arrivent pas à supporter… provoquant l’inondation.

Pourquoi ces orages sont-ils stationnaires ?

Tout simplement car nous sommes dans une situation de « marais barométrique ». Pour faire simple, nous sommes sous l’influence d’un anticyclone sur le Nord de l’Europe, alors que de petites dépressions circulent autour de l’Espagne et le Portugal. Ce sont des gouttes froides. Celles-ci provoquent alors une remontée d’air doux et humide de la méditerranée, puis cet air doux rencontre en altitude l’air froid de la goutte froide… L’instabilité se créée. La mobilité de ces orages est grandement ralentie suite à un flux très faible en altitude, empêchant le déplacement de ces cellules.

Modèle américain GFS (meteociel): on observe l’anticyclone au Nord, alors qu’une zone verte se situe au nord du Portugal: c’est la petite dépression évoquée ci dessus

 

Et… pour la suite?

C’est certainement une bonne nouvelle pour vous, et une mauvaise pour les chasseurs d’orages. En cours de semaine prochaine, ces dépressions devraient être stoppées, laissant place à un temps beaucoup plus calme sur nos régions… Il faudra donc encore supporter les orages quelques jours, mais la fin est proche ! 🙂

Auteur de l’article : Hugo62

Président de l'association Météo Nord-Pas-de-Calais.

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